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Le Couvent

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La libération
 
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LA RESISTANCE

Dès 1941 on peut noter les premières actions de résistance isolées et mal coordonnées, manquant de matériel mais farouchement décidées à recouvrer la liberté perdue.
Le principal réseau de résistance est celui dit "Jean-Marie Buckmaster", du nom du colonel Maurice J. Buckmaster qui créa ces réseaux dépendant du S.O.E. Service Operations Executive, issu du ministère de la guerre économique créé par Churchill en 1940. Les principales missions de ces réseaux étaient de mettre feu à l'Europe, en tissant des liens avec les groupes de résistants qui se constituent, avec pour objectifs : renseignement, sabotages, évasions de pilotes, réception et stockage des armes parachutées.

Henri Frager est à l'origine du réseau, il étend son rayon d'action de Marseille vers le reste de la France. Dans l'Yonne, le réseau s'installe d'abord à Michery, puis se développe dans le Jovinien et l'Aillantais après qu'Alain de la Roussilhe, fils d'un notaire de Chassy ait rencontré en février 1943 Pierre Argoud, vétérinaire à Aillant.
Les premiers parachutages ont lieu dans la nuit du 22 juillet 1943 suite au messsage codé "les collabo font déjà triste mine" au lieu dit "le Four à Chaux" entre Chassy et les Ormes.
Pierre Argoud s'appuie sur les sédentaires pour le bon fonctionnement du réseau : ils cachent les armes, préparent les lieux de parachutage, notamment celui des bois de Cudot. Parmi ces résistants, on peut citer Jacques Cloche et Jacques Varenne, de Saint Aubin-Château-Neuf, Jean Guyet, Maurice Joussot, Henri Lux, médecin à Aillant, René Martiré de La Ferté-Loupière, Eugène et Dominique Prats, marbriers à Aillant, sans oublier le sous-lieutenant Roger Colson qui, jusqu'à sa mort en 2005, oeuvra pour la conservation de la mémoire de tous ces faits.
Les dénonciations des collabos infiltrés feront de terribles dégâts dans les rangs de la résistance, et il faut déplorer :

Georges Viel, né à Saint Maurice Thizouaille en 1906, rejoint le réseau Buckmaster en été 43, il participe aux parachutages et sera dénoncé par Pivel, puis incarcéré en juin 44 à Auxerre, déporté à Neuengamme où il meurt 20 janvier 1945.
Georges Manoury (père de Josette Manoury, actuelle maire de Saint Maurice Thizouaille) constitua dès le début de 1941 un groupe de résistants autonomes, rattaché au réseau J-M Buckmaster en octobre 43 ; il fut dénoncé par Pivel et arrêté avec 4 de ses compagnons : Emile & Raymond Martin, Georges Viel et Georges Basté ; ils seront déportés à Neuengamme, près de Hambourg et mourront en novembre 44 pour le premier, en décembre pour le second, en janvier 45 pour le troisième et en février 1945 pour le dernier. G. Manoury sera le seul des 5 à revenir de déportation, peut-être grâce à sa robuste constitution de maître de forge.
Pierre Argoud, né en mai 1899 à Fleury-la-Vallée, fils de vétérinaire et maire d'Aillant, vétérinaire lui-même, s'engage dans la résistance en 1943 ; très estimé et connu dans toute la région, son engagement ne passera pas inaperçu auprès des Allemands ; il sera obligé de passer à la clandestinité, sans pour autant cesser ses actions résistantes. Lors d'un transport d'armes à Dijon, il sera reconnu et dénoncé en janvier 44. Déporté à Dachau le 21 juin 44, il meurt à Herrbrück le 20 octobre 1944. Son acte de décès n'ayant été transmis qu'en 1946, il sera élu maire en mai 1945 !

La libération des Ormes :
Le réseau, qui avait libéré Aillant sur Tholon la veille (22 août 1944)), prit contact avec l'avant-garde de la 7° division blindée et participe d'abord à la dislocation d'un fort détachement allemand en bivouac dans les bois des Ormes. Des parachutages de quatre avions, en plein jour, avaient délesté vivres, munitions, essence, et autres près du château de Bontin.
Partant d'Aillant, sur la D14 après le puits Avril, c'est l'engagement général : les Allemands stupéfaits de voir surgir les blindés américains abandonnent chevaux et voitures. Ils n'emportent que leurs armes individuelles.
Aux Ormes sur la place de la mairie les combats ont incendié une maison près de la mairie, une voiture allemande est en flammes et près du monument aux morts une jeep anglaise abandonnée, mitrailleuse en avant, canon en l'air et son conducteur gisant sur le sol : c'est Lance-Corporal Jimmy Hall, jeune Anglais de 22 ans qui sera enterré dans le cimetière de la commune

Deux hommes ont réchappé à ces combats et sont pris en charge par une deuxième jeep. (ne manquez pas de lire le récit de Jean Maugy dans "Le chant des 0rmes" n° 7 page 5, ainsi que la traduction du livre "Rogue Warrior of the SAS" par Roy Bradford and Martin Dillon, relatant cet épisode)

Le lendemain, une colonie de vacances séjournant aux Ormes - dans le "Couvent" - (un prêtre et une dizaine de garçons) rassemble quelques cent chevaux du convoi qui s'étaient éparpillés dans les champs et les bois. Pendant les jours qui suivirent, de nombreux Allemands égarés furent signalés un peu partout dans la campagne, les bois et furent faits prisonniers.

Le jeune Anglais se nommait Jimmy Hall, surnommé Jimmy "le frisé".
Sur sa tombe, au cimetière des Ormes, est inscrit :

900883 L.G.P.L.
J. Hall Special Air Service Regiment

Le cimetière des Ormes est donc "cimetière du Commonwealth", et le ministère des Armées entretient la tombe du soldat anglais.

 

 
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Lance Caporal Jimmy HALL

 

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Jimmy HALL


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